Un article de Ted TJADEN (Canada), traduit par Benjamin INTARTAGLIA


     Scott JOPLIN est considéré par beaucoup comme étant le "Roi" des compositeurs de Ragtime, en partie en raison du succès de "Maple Leaf Rag", mais aussi et surtout en raison de la qualité constante de toute son œuvre. Cet article détaillera des informations sur Scott JOPLIN, chapitrées de manière suivante:

     1) Introduction
     2) Vie de Scott JOPLIN
     3) Bibliographie




     Même si le classic ragtime au piano n'est qu'un genre musical parmi d'autres, de très nombreux mélomanes connaissent sinon le nom de Scott Joplin, du moins une de ces deux oeuvres les plus célèbres : The Entertainer et The Maple Leaf Rag.
     Bien que la popularité de Maple Leaf Rag ait fait de Joplin un compositeur connu en son temps, et mieux encore après sa mort, c'est la qualité d'écriture et d'inventivité mélodique présente dans toute son oeuvre qui justifie son appellation de "King of Ragtime Writers". John STARK, principal éditeur de la Trinité du Ragtime (Scott Joplin, James Scott et Joseph Lamb), était enclin à faire une publicité très dithyrambique dans ses publications comme le démontre le présent paragraphe :
- Nous en faisons la publicité comme "classic rags", et nous insistons sur ce point. Ces ragtimes sont les parfaits modèles dans le genre. "Le Temps ne pourra pas flétrir leur infinie variété. Ils ont élevé le Ragtime de sa basse extraction pour le mettre au niveau des oeuvres de Beethoven et Bach". (Publicité de Stark, page 23, in Ragtime Review (Vol. 1, No. 2: January 1915).
     Jasen and Tichenor (1987:83) décrivent les compositions de JOPLIN en ces termes.
- Il a combiné les traditions de la musique populaire Afro-Americaine avec le romantisme européen du 19ème siècle, il a collecté des idées d'airs de ragtime provenant des Etats du midwest pour créer de nouveaux strains originaux. De cette manière ses rags utilisent des traits pentatoniques, une usage particulier des blue notes et d'autres effets caractérisant la musique populaire Noire Américaine. Dans cette synthèse créative, la forme de la marche traditionnelle domine, et le résultat de cette synthèse donne une nouvelle forme d'art : le Ragtime Classique, une conception unique qui ouvrira la voie paradoxalement aux compositions sérieuses et en même temps, affublé de paroles ineptes de chansons syncopées édulcorées très loin de ses standards originels."
     Heureusement, les rags de Scott JOPLIN ont été largement enregistrés et publiés et de nombreux commentaires à leur sujet ont été écrits. La sortie du film The Sting [L'Arnaque] en 1973, illustré par de nombreuses compositions de JOPLIN est en partie responsable de l'extension du Ragtime revival amorcé dans les années 1950 (avec le célèbre The Entertainer qui depuis figure au classement Top 10 des "chansons du siècle" déterminé par la Recording Industry of America et le National Endowment of the Arts). Curieusement, le scénario du film est situé pendant la période de Prohibition, soit une dizaine d'années après l'apogée du Ragtime, rendant la musique de JOPLIN anachronique.




     La littérature traitant de la vie de Scott JOPLIN est déjà très abondante. Je recommande très fortement l'ouvrage de Edward A. BERLIN King of Ragtime: Scott Joplin and his Era (New York, NY: Oxford University Press, 1995) qui peut être considéré comme étant une biographie définitive de JOPLIN. (BERLIN a également préparé une biographie résumée sur le site internet de la Scott Joplin International Ragtime Foundation). Autre ouvrage intéressant: celui Nancy R. PING-ROBBINS Scott Joplin: A Guide to Research (New York, NY: Garland Pub., 1998), qui contient 1268 entrées biographiques séparées ou informations sur JOPLIN et son époque. Puisque beaucoup a déjà été écrit sur le sujet, je me bornerai à relever les principaux évènements de sa vie.

     Jeunesse et Vie de Famille.

     Malgré les nombreuses références citant la date du 24 novembre 1868 comme étant la date de naissance de Scott JOPLIN, la recherche menée par Edward A. BERLIN montre que cette date, basée sur une mémoire imprécise de la veuve de JOPLIN, est certainement une erreur. Le recensement local prouve que l'âge de Scott JOPLIN à cette époque ne correspond pas à la datation proposée. Bien qu'il soit impossible d'établir une date de naissance certaine, cette naissance a eu lieu soit en 1868 soit autour de cette année. BERLIN pense que de JOPLIN serait né entre Juin 1867 et Janvier 1868. Scott JOPLIN a grandi dans une famille musicienne, d'abord localisée dans le nord est du Texas. Il a eu un frère aîné, un cadet suivi plus tard de quelques demi-frères. Vers 1875, la famille déménage à Texarkana. Son frère Robert commence à travailler à cette période et deviendra plus un danseur et comédien reconnu. Les talents musicaux du petit JOPLIN se sont montrés précocement et il commence à prendre des leçons de musique chez divers professeurs. Quelques biographes mettent l'accent sur le professeur allemand Julius WEISS qui a eu beaucoup d'influence sur le jeune Scott. Pour une vue d'ensemble sur la jeunesse de JOPLIN, consultez le chapitre "Scott Joplin: Pioneer" dans le livre de J.E. HASSE, Ragtime: Its History, Composers, and Music. New York, NY: Schirmer Books. Dans ce chapitre est mentionné le fait que JOPLIN forma un quartet vocal a capella qui se produisit régulièrement dans sa ville, Texarkana. Par ailleurs, il joue du piano dans des clubs de dance et enseigne la guitare et la mandoline.

     Rapidement, avant 20 ans, JOPLIN quitte Texarkana pour mener une vie de pianiste itinérant en jouant dans les saloons à travers le Texas, la Louisiane, le Missouri, l'Illinois et le Kentucky. Edward A. BERLIN pense que JOPLIN s'est établi un moment à Sédalia (Missouri) afin de fréquenter une école locale exclusivement réservée aux Noirs. En 1891 il fait partie des Texarkana Ministrels, groupe qui est l'objet d'une controverse lors d'une représentation à Texarkana cet été là car il apparaît que le spectacle a servi à trouver des fonds au bénéfice de Jefferson DAVIS, ancien Président des Etats Confédérés d'Amérique et partisan du maintien de l'esclavage. Il est probable que JOPLIN se soit rendu en 1893 à Chicago pour le Chicago World's Fair l'endroit où la musique Ragtime se révèle au grand public et commence à être connu largement auprès du grand public Blanc. BERLIN rapporte que JOPLIN rencontre Otis SAUNDERS au Fair et les deux reviennent ensuite ensemble à St Louis puis Sédalia lorque la Fair ferme en Octobre 1893.

     La période à Sédalia (circa 1894 - 1901).

     JOPLIN s'installe à Sédalia en 1894 et y restera jusqu'en 1901 où il retourne à St Louis. Edward A. BERLIN décrit Sédalia comme une ville présentant d'avantageuses opportunités pour les Afro-Américains en dépit de l'atmosphère ségrégationniste de l'époque. Le ville compte le George R. Smith College, exclusivement réservé aux étudiants Noirs, et l'on pense que JOPLIN y a pris des cours de musique. Sédalia héberge aussi le Queen City Cornet Band (formation orchestrale Noire) et de très nombreux honky-tonks éparpillés le long de Main Street.
     JOPLIN a probablement participé à une tournée de son Texas Medley Quartette. Deux chansons écrites par JOPLIN, en 1895, sont publiées dans l'état de New York, probablement lors de la tournée. BERLIN note également que trois pièces de JOPLIN sont publiées dans l'état du Texas (The Great Crush Collision March, Harmony Club Waltzes, et Combination March), d'où l'hypothèse qu'il est passé un court moment dans la ville de Temple, Texas. On ignore par contre s'il a assisté à la "Great Crush Collision" de trains organisée le 15 Septembre 1896 (qui causa la mort de 3 spectateurs), mais la composition de JOPLIN qui porte le nom de cet évènement fut publiée le mois suivant. JOPLIN enseigne le piano, et parmi ses élèves figurent un certain nombre de ragtimers, dont les plus célèbres sont Arthur MARSHALL, Scott HAYDEN et Brun CAMPBELL. Quelques témoignages écrits révèlent que JOPLIN n'avait pas une attitude d'amuseur au clavier, et était simplement considéré comme un pianiste compétent, comparé à d'autres pianistes volontiers plus "théâtraux" de son temps. Sédalia abritait deux clubs sociaux créés par et pour des Noirs, le Black 400 Club et le Maple Leaf Club. Ces deux établissements organisaient des soirées dansantes et autres activités sociales, incluant quelquefois des spectateurs Blancs. BERLIN fournit une documentation qui dresse un portrait vivant de ces clubs, la compétition qui s'exerçait entre eux, leur rôle dans la promotion de la musique Ragtime et finalement leur fin vers 1900 quand ils furent fermés sur décision administrative. JOPLIN compose son premier rag, Original Rags en 1897 et essaya en vain de le faire publier, de même que son Maple Leaf Rag et peut-être aussi son Sunflower Slow Drag auprès de l'éditeur sédalien A.W. Perry & Son. Finalement, Carl Hoffman, éditeur à Kansas City publie Original Rags, quoiqu'il soit peu probable que Charles Daniels, crédité comme arrangeur, ait réellement travaillé sur cette pièce. Maple Leaf Rag, la composition la plus célèbre de Scott JOPLIN fut publiée par John STARK, alors installé à Sedalia. De nombreux commentateurs ont noté l'importance capitale du contrat écrit établi entre STARK et JOPLIN accordant une redevance. La couverture originale publiée de Maple Leaf Rag était une réclame pour une fabrique de tabac avec, en portrait, le duo de vaudeville Bert Williams et George Walker. Un des nombreux mythes concernant Maple Leaf Rag concerne le nom de cette oeuvre : d'aucuns pensent que cette pièce fut composée en l'honneur du Maple Leaf Club à Sedalia. Une autre théorie voit une relation entre la feuille d'érable et le symbole national canadien (reconnu depuis environ 1850). Une autre théorie défendue par BERLIN est la plus simple : Maple Leaf Rag est nommé, comme c'était la mode à l'époque, d'après les nombreux érables disposés dans toute la ville de Sédalia. En outre, tout au long de sa vie, JOPLIN gardera cette tradition de nommer ses rags d'après des thèmes floraux ou arboricoles. Du temps de Sédalia, date aussi probablement son premier mariage avec Belle Hayden (décédée à Chicago en 1930), veuve avec trois enfants d'un frère d'un de ses élèves : Scott HAYDEN. Le couple se séparera aux alentours de 1903 après le décès d'un bébé en bas-âge. Son départ de Sédalia date de 1901. JOPLIN était considéré comme une célébrité locale en tant que pianiste-compositeur et dont la réputation de compositeur de Maple Leaf Rag grandissait à travers tout le pays.

     La période à St Louis, Missouri (circa 1901 - 1907)

1904 St Louis World's Fair
     Comparée à Sédalia, la ville de St Louis en 1901 est bien plus grande et il y règne une plus grande activité. BERLIN rapporte que JOPLIN s'établit dans le red-light district (le quartier réservé à la prostitution et aux établissements nocturnes) qui est considéré comme un centre important pour les premiers développements de la musique Noire de Ragtime du Middle West. Ce fut une période prolifique pour le compositeur. Un grand nombre de ses compositions furent publiées par John STARK qui avait une partie de sa maison d'édition établie à St Louis. Une carte d'enregistrement au bureau du copyright office de Washington DC, datée de 1903, prouve que JOPLIN a composé un opéra titré "A Guest of Honor", qui fut d'ailleurs monté et joué dans quelques villes aux alentours du Missouri. Pourtant, la partition de cet opéra a été perdue, jusqu'à présent aucune piste sérieuse n'a pu permettre de le retrouver. Différentes hypothèses ont été émises sur les circonstances de cette perte. L'année suivante, 1904, fut un évènement très important, avec l'ouverture de la St. Louis World Fair commémorant avec un an de retard le centennaire de l'achat de la Louisiane à la France par les Etats-Unis. Beaucoup de musiciens, dont des pianistes de Ragtime, profitèrent de cette opportunité pour participer à l'animation musicale de cette grande fête. La composition de JOPLIN, "The Cascades", a peut-être été écrite spécialement à l'occasion de cet évènement, car une photo des Cascades Gardens figure sur la couverture de la partition. 1904 est aussi une date importante sur le plan personnel car JOPLIN rencontre une jeune femme de 19 ans, Freddie Alexander, à qui il dédie son intermezzo pour piano The Chrysanthemum. Ils se marièrent le 14 juin 1904. Le couple partit pour Sédalia où JOPLIN devait remplir quelques engagements. Freddie tomba malade et mourut à 20 ans, le 10 septembre 1904. BERLIN décrit une intéressante théorie selon laquelle une partie de la personnalité de l'héroine de son opéra Treemonisha est liée à celle de sa défunte épouse. Muré dans une sévère dépression, les deux années suivantes montre une réduction drastique de la production de JOPLIN. Seuls trois rags furent publiés à cette époque.En 1905, John STARK, le principal éditeur de JOPLIN s'établit à New York, où il restera installé jusqu'en 1910, avant de revenir à St Louis, Mo.

     La période à New York City (1907 - 1917)

     JOPLIN déménage à New York durant l'été 1907. Il rencontre à cette période sa future épouse, Lottie STOKES, propriétaire d'un petit hôtel meublé ayant des comédiens pour clients. Par ailleurs, elle joue un rôle dans la gestion des affaires de son mari, en devenant son partenaire dans la société d'édition Scott Joplin Music Publishing Ltd dont le principal objectif était de gérer les royalties générées par les oeuvres de JOPLIN. Lottie STOKES devait survivre à son mari et poursuivre cette activité de gestion des oeuvres. Profitant de sa nouvelle situation, JOPLIN établit le contact avec divers éditeurs New-Yorkais dans le but de faire éditer ses oeuvres et d'en tirer de meilleurs bénéfices. Entre autres : Joseph Stern (éditeur de Gladious, Searchlight Rag, Stoptime Rag et Scott Joplin's New Rag; Joseph Daly, éditeur de Rose Leaf Rag; et enfin Seminary Music Co., éditeur de Sugar Cane, Pine Apple Rag, Wall Street Rag, Solace : A Mexican Serenade, Country Club, Pleasant Moments : Ragtime Waltz, Paragon Rag et Euphonic Sounds.
     En 1907, JOPLIN rencontre Joseph F. LAMB dans le magasin de STARK à New York. Quelques semaines après, LAMB se rend chez JOPLIN et lui joue quelques unes de ses compositions. JOPLIN eut une position déterminante en recommandant les rags de LAMB qui furent ensuite publiés chez STARK. Malgré sa santé déclinante, JOPLIN rencontre à New York un certain succès qui l'encourage à composer des oeuvres de plus en plus élaborées. C'est aussi à cette période qu'il écrit la note finale de son opéra Treemonisha, sans parvenir toutefois à convaincre un éditeur de publié la volumineuse partition de cette oeuvre. La personnalité de JOPLIN est décrite comme dépressive et morose. Les causes en sont probablement le manque d'argent, de santé et diverses difficultés rencontrées lors de sa tentative de monter son opéra Treemonisha. Sur le plan de son oeuvre, ses dernières compositions deviennent de plus en plus sophistiquées, parmi elles "Euphonic Sounds", "Paragon Rag", "Stoptime Rag" et son dernier rag : "Magnetic Rag". BERLIN décrit les efforts de ces compositions comme tentant de repousser certaines limites inhérentes au Ragtime classique. Pour une analyse plus détaillée à ce sujet, consultez le chapitre "Joplin's Late Rags: An Analysis" de l'ouvrage de J. E. HASSE "Ragtime : Its History, Composers, and Music" publié chez Schirmer Books. Sa santé continue pourtant de se dégrader fortement. Néanmoins son oeuvre gagne de plus en plus en puissance, avec la création de nouveaux horizons dans la musique Ragtime que la mort de JOPLIN empêchera d'explorer. Ainsi, il est admis au début de l'année 1917 au Bellevue Hospital. En février, il est transféré au département psychiatrique du Manhattan State Hospital. Il y décède le 1er avril 1917, à l'âge supposé de 49 ans, des conséquences d'une syphilis à l'état tertiaire. En guise d'hommage, STARK publiera quelques mois plus tard Reflection Rag. On ignore la date de composition de ce rag. Ce n'est que réellement après son décès que toute l'étendue du génie de JOPLIN sera reconnue. Entre autres, grâce au montage de son opéra Treemonisha dans un théâtre de Broadway et de l'utilisation de sa musique dans le film The Sting (1973). Par ailleurs son oeuvre a été récompensée par le Prix Pulitzer en 1976 pour sa contribution à la musique Américaine.




  • Berlin, Edward A. A Biography of Scott Joplin (c. 1867-1917).
  • Berlin, Edward A. King of Ragtime: Scott Joplin and his Era. New York, NY: Oxford University Press, 1995.
  • Berlin, Edward A. Ragtime: A Musical and Cultural History. Berkeley, CA: University of California Press, 1980.
  • Blesh, Rudi et Harriet Grossman Janis. They All Played Ragtime. 4th ed. New York, N.Y.: Oak Publications, 1966.
  • Curtis, Susan. Dancing to a Black Man's Tune. Columbia, MO: University of Missouri Press, 1994.
  • Frew, Timothy. Scott Joplin and the Age of Ragtime. New York, NY: Friedman Fairfax, 1996.
  • Gammond, Peter. Scott Joplin and the Ragtime Era. London: Angus & Robertson, 1975.
  • Hasse, J.E., ed. Ragtime: Its History, Composers, and Music. New York, NY: Schirmer Books, 1985.
  • Hubbard-Brown, Janet. Scott Joplin. New York, NY: Chelsea House, 2006.
  • Jasen, David A. and Gene Jones. That American Rag: The Story of Ragtime from Coast to Coast. New York: Schirmer Books, 2000.
  • Jasen, David A. and Trebor Jay Tichenor. Rags and Ragtime: A Musical History. New York, NY: Dover Publications, 1978.
  • Ping-Robbins, Nancy R. Scott Joplin: A Guide to Research. New York, NY: Garland Pub., 1998.
  • Reed, Addison W. Scott Joplin: Pioneer in J.E. Hasse, ed., Ragtime: Its History, Composers, and Music. New York, NY: Schirmer Books, 1985:117-36.
  • Scott Joplin International Ragtime Foundation. Home page: .
  • Waldo, Terry. This is Ragtime. New York, NY: De Capo Press, 1991.
  • Waterman, Guy. Joplin's Late Rags: An Analysis in J.E. Hasse, ed., Ragtime: Its History, Composers, and Music. New York, NY: Schirmer Books, 1985:232-42.

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Dernière mise à jour le 14/10/06
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