Chronologie      En raison de ses origines orales et du mépris des Américains Blancs pour les aspects de la culture Afro-Américaine au cours du 19ème siècle, les rares éléments qui nous sont parvenus ne nous permettent pas d’écrire une version historique et définitive de la naissance du Ragtime. Cependant, en voici une hypothèse plausible :

     Le Ragtime (de l'anglais ragged = heurté, haché, désordonné) est un style musical, essentiellement pianistique, apparu dans la région des états du midwest américain vers la fin de la guerre de Sécession; il domina largement la musique populaire américaine entre 1890 et 1910. Le terme apparaît dès les premières publications imprimées à partir des années 1890. Le Ragtime Classique est une musique écrite et publiée sous partition, mais incluant néanmoins une partie improvisée permettant aux ragtimers d’exprimer leur originalité et personnalité. Généralement joué en tempo modéré (Scott JOPLIN annotait ses partitions : "It's never right to play ragtime fast" ou "not too fast"), le ragtime, qui était alors la musique des pianistes itinérants des établissements de loisirs (saloons, tripots et maisons closes), se veut gai, dynamique et enjoué; il se compose généralement de quatre parties ou "strains" (airs) de 16 mesures avec reprise, disposées selon le schéma AABBACCDD, avec modulation et parfois interlude de deux ou quatre mesures entre chaque partie et souvent noté à 2/4.

     Le ragtime est le mélange de la musique et des formes musicales européennes blanches avec des traditions musicales noires (chansons et musique de banjo [MP3]) issues de l'esclavage des Afro-Americains. Comme le note Reimer Von ESSEN (in Une Histoire du jazz) il s'agit là certainement de "la forme la plus européenne de la musique afro-américaine [...] issue d'une application des techniques musicales noires aux formes popularisées de la musique de salon européenne de cette époque, marches, polonaises, polkas quadrilles". L'influence noire apparaît dans l'utilisation de rythmes syncopés qui créent un déhanchement dansant; l'influence blanche se marque par l'aspect composé du ragtime, qui possède plusieurs parties et plusieurs mélodies enchaînées et un accompagnement de style marche (issu de la fanfare) que la main gauche effectue (on appelle cela : faire la pompe).

     Au niveau des rythmes, on fait dériver le Ragtime des danses de plantation popularisées et caricaturées dans les Minstrel Shows, comme le "Cake-walk" [MP3]. Sur un rythme à 2/4 fortement marqué par la main gauche; la main droite joue une mélodie très syncopée basée sur une succession théorique de 8 doubles croches accentuées selon un décalage ternaire. Cette façon de diviser la mesure selon une constante qui relève plus de la métrique que de l'accentuation proprement dite trahit, selon Borneman, "une origine et une approche incontestablement africaines".


     F
orme fixe à l'origine, le Ragtime (ou plus simplement rag) évoluera rapidement, se jouera en tempo plus rapide, intégrera les blues notes qui lui étaient étrangères à ses débuts. Avec des personnalités comme Jelly Roll MORTON [MP3], le ragtime inclut une part plus importante d'improvisation. Vers 1920, le ragtime s'est scindé en 2 groupes. D'un côté, l'extension du ragtime appelée Novelty [MP3], pratiquée par les pianistes blancs; de l'autre, le Stride [MP3], qui donna naissance au piano jazz "swing" et "be-bop".

     Après 20 ans d'oubli, le ragtime renaît timidement à partir des années 1940 pour, aujourd'hui encore, nous réjouir.




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Dernière mise à jour le 11/03/2014
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